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Le Jardin PerduL'antre de la folie
Les délaissésS'arracher de l'eau
Ils allaient bientôt se mettre au boulot. Tous les soirs, le trio attendait la fermeture des magasins avant de faire les poubelles des épiceries et des restaurants. Si les poubelles ne vomissaient pas suffisamment de quoi les nourrir, ils gagnaient le port et tentaient de dénicher du poisson. Ils redoutaient cette alternative pourtant habituelle, car le port était dangereux et très mal fréquenté. La mafia locale y traînait et enlevait les jeunes et surtout les filles, la police qui surveillait les jeunes voleurs, et il fallait faire attention, aussi, aux groupes de jeunes qui gardaient leur territoire avec acharnement. À trois, ils étaient souvent refoulés par les jeunes occupants du port, la nuit tombée. Avec deux jeunes et jolies filles, ils étaient aussi la cible des réseaux de prostitutions. Ils n’hésitaient pas pour manger à monter sur les bateaux et saccager des cageots, la police les surveillaient de près. Ils s'étaient jusque là bien sortis, ce qui relèvait de l’exploit pour un groupe de trois et qui de plus étaient constitués de deux jeunes filles. Mais le risque était permanent et bien réel. Beaucoup de jeunes remplissaient les prisons, étaient victimes d’enlèvement ou trouvaient la mort lors de virés nocturnes... de faim pour les moins chanceux... ou tout simplement de froid les nuits d‘hivers.
Le pont que le groupe avait entreprit de squatter se situait à la sortie d'un grand parc qui longeait une bonne partie du fleuve. Devenu dangereux par manque d’entretient le pont n’était plus empruntait par la population depuis longtemps déjà, ils empruntaient le nouveau à plusieurs kilomètres de là. Dans cette partie du parc, ils étaient le plus souvent en paix. Mais il arrivait que lorsqu’ils rentraient de leur virée nocturne, les escaliers étaient occupés par des jeunes venus se soûler la gueule après un pillage de magasin, ils devaient par conséquent attendre plus loin que le pont se vide et même, parfois, dormir ailleurs. Jochen avait creusé dans la colonne du pont deux réserves. Un garde manger où il gardait du poisson qu’il faisait sécher, des boites de conserves et des boissons rapportaient des nombreux pillages que connaissaient les magasins de la ville et un second où le trio gardait ce qui leur servait à se réchauffer durant leur sommeil. Il avait creusé dans la pierre et recouvert les parois de la colonne de morceaux de bois, et refermait les trous avec de grosses pierres, ceci était les réserves pour l‘hiver, ceci était leur coffre fort. Le pied du pont était entouré de buissons. La nuit tombée ils dormaient à l’intérieur des branches. Jochen avait prit soin de tailler soigneusement les branches du milieu et ainsi se protèger du froid et surtout des regards.
Cette nuit là, ils s'étaient trouvés de quoi manger sans trop de difficultés et même pour quelques jours. Un groupe de jeunes avait réussi à s’attaquer à un conteneur sur le port, la nouvelle n’avait pas mit de temps à se répandre dans la ville, du coup, une fois sur le port le conteneur était envahit de jeunes qui remplissaient leur sac de boites de conserves, d’alcools et de cigarettes destinées aux épiceries et magasins de la ville. Ils étaient donc déjà rentrés et leur réserve était pleine. Quand ce genre de situation se produisait, les bandes habituellement rivales étaient solidaires et se partageaient volontiers le butin. Mais les jours suivants les conflits reprenaient de plus belle, et il arrivait que les plus gourmands allaient dérober les plus vigilants. Ce soir là, le trio s'était fait un véritable festin autour du feu, il était si rare de voir autant de nourritures en même temps qu‘ils en avaient profités. Les jours suivants ils feraient plus attention. Jochen s’était ensuite endormi comme tous les soirs, malgré tout, en priant le ciel pour qu’il l’arrache de cette vie, de cette ville, de ce pont qu’il aimait pourtant mais qui le pesait de plus en plus. De ce fleuve, aussi, il voulait s’arracher de l’eau avant qu’elle ne gèle et ne l’emprisonne à jamais. C‘était le cauchemar qui lui revenait le plus souvent. Il rêvait de bonheur et de liberté, il rêvait de pays lointains où avait-il entendu la vie était belle et facile, et que les gens là-bas mangeaient trois fois par jour. Il avait entendu ‘le Rêveur’ dire, un jour, que la France était le pays de la liberté, "des droits de l’Homme", avait-il dit. Jochen avait juré au fleuve d’y aller vivre et d’y emmener sa sœur et Sonia. Il voulait quitter cette vie injuste, dans ce pays oublié des Dieux.
Arto Joe Les délaissésS'arracher de l'eau
La nuit venait de tomber et les lumières de la ville jettaient sur le fleuve de grands voiles lumineux. Le silence accompagnait le voile noir de la nuit signe d'un mauvais présage. On n’entendait plus que le cri du fleuve qui se frottait contre les rochers comme deux amants dans leur lit. Une musique hydro-mélancolique accompagnait sa danse ralentie vers la mer. La température baissait considérablement. Il allait faire froid cette nuit, signe que l’hiver allait bientôt nettoyer les rues des animaux errants... fauché une partie des gens des rues. L’hiver n’était pas blanc pour eux, mais noir comme la mort qui dévorait la ville en cette période. Jochen se méfiait de l’hiver, il voyait les dégâts dans les rues, mais il voyait aussi que la "Dvina Occidentale" s’immobilisait et cessait sa course libre vers le golfe de Riga qui se gèlait, lui aussi. La nature stagnait comme pour porter le deuil des êtres humains qui se faisait terrasser par centaines dans les rues de Riga. Le deuil de la nature pour les hommes.
Nadia descendit de la barrière et se plaça entre son frère et Sonia, sa meilleure amie. Elle se colla contre eux à la recherche d’un peu de chaleur, elle n‘avait qu‘un souhait celui de pouvoir, tous les trois, passer l‘hiver. Jochen jetta un regard sans expression, sur sa sœur et sa chevelure blonde et fine, ses yeux ne savaient plus exprimer le moindre sentiment, son âme était muette. Sonia, tout comme Jochen, avait dix-huit ans. Sonia était issue de ces rares familles juives ayant survécues à l’occupation allemande. Son père travaillait jusqu’à l’indépendance dans une usine de la capitale. Après avoir perdu son emploi, il avait fréquenté un réseau mafieux russe. Il se faisait un peu d’argent, mais récemment Sonia avait surprit une dispute entre sa mère et son père où elle semblait avoir comprit que son père avait l’intention de la vendre, s’en était trop, elle avait l’âge, disait-il : "elle risque de nous échapper et pire de se marier à présent", gueulait-il.
Elle est venue rejoindre Nadia et Jochen et ne les avaient plus quittés depuis. À présent tous les trois, tentaient de survivre dans les rues de Riga. Ils se sont installés au pied du pont, en dessous des escaliers de pierres effritées par le temps et le changement successif de climat. Jochen s'était décidé pour la rive Est du fleuve car de là ils se situaient à une centaine de mètre du port. La nuit était bien ancrée. Les rares rayons de soleil qui perçaient les nuages enveloppant en permanence la misère de Riga, faisaient partis du passé. Ce passé qui à chaque seconde du présent disparaissait sans le moindre souvenir heureux... ne demeurait que ce même espoir de vie nouvelle, de vie meilleure qui pourrissait dans le coeur des délaissés.
Arto Joe 2006/06/04 les délaissésVivre au plus vite
Nadia avait la mauvaise habitude de s’asseoir sur la barrière, pourtant usée, qui frissonnait à peine sous son faible poids. Sonia et Jochen se tenaient épaule contre épaule, ils se passaient une cigarette. Après avoir quitter leur mère et leur deux frères, encore en bas âge, Nadia et Jochen, avait passé leur première nuit, dans les rues, sur ce pont. Ils avaient décidé de quitter la chaumière, deux ans après la mort de leur père, pour que leur mère ait deux bouches en moins à nourrir. Ils pensaient ainsi lui rendre service. Leur première nuit dans les rues ils l’avaient connu à l’âge de onze ans pour Jochen et dix ans pour Nadia. La mort de leur père, en mille neuf cent quatre-vingt neuf, avait eut lieu lorsque la Lettonie était secouée par un fort sentiment d’indépendance, il était d‘ailleurs un fervent nationaliste, il souhaitait un état letton qui sans l‘impérialisme russe ne pouvait que s‘enrichir. Lorsque l’indépendance fut proclamée en mille neuf cent quatre-vingt onze, son père n’était plus là pour voir ça, il en était presque heureux car rien n’avait véritablement changé. S’il n’était pas mort cela l’aurait terrassé. Les Russes à qui appartenaient les usines se sont, pour la plus part d‘entre eux retirées, même si la présence militaire était encore présente, ils avaient sûrement peur des représailles des lettons qui les accusent de l’appauvrissement du pays. L’état s’est lancé dans une économie de marché, mais l’hésitation des investisseurs a contribué à la fermeture de nombreuses usines. Les usines n’ont pas fait long feu et des millions de lettons se sont retrouvés à la rue. Leur avancé vers une économie de marché n’a pas eu l’espoir d’une vie meilleure tant attendue. Les conditions de vie se sont, au contraire, dégradés. Les contestataires accusaient l’état de vouloir pratiquer la même politique que les Russes avaient installé en faisant venir des investisseurs européens qui ne feraient que remplaçaient les Russes.
Nous sommes en mille neuf cent quatre-vingt dix-sept, et il n’y a pas dans le pays une once d’amélioration du niveau de vie. Enfin si, pour les propriétaires russes n’ayant pas fuient le pays après l’indépendance et des quelques européens ayant investis après la chute du régime, cinq pour cent de la population, tout au plus. Les rèvolutionnaires, pourtant actifs, n’ont pas le soutient du peuple apparemment démoralisé. Voilà, six ans que l’indépendance a été proclamé, voilà six ans que Jochen et Nadia vivent, survivent, dans les rues de Riga qui n'a de cesse de voir accroître le nombre de jeunes délaissés par la société toujours aussi loin de la prospérité.
Arto Joe 2006/06/03 Entretien avec un... AuteurDu nouveau dans la "Sphère"
Un espace de convivialité que nous tentons d'entrenir.
Libre d'accès cet espace expose vos écrits et regroupe des textes à découvrir sur un même site.
Découvrez dès maintenant l'entretien que "Mulholland-Diane" m'a aimablement accordé :
N'hésitez pas à nous proposer vos écrits.
Arto Joe Le Cri Du Margouillat *"Un océan de mots dans lequel je me noie...." (Jean Louis Aubert - Océan)
Cet océan ressemble bien à l'Océan Indien et l'on navigue aussi bien en pleine tempête que dans le calme typique des lagons réunionnais. Nous y découvrons les couleurs orientales du Nord et la réussite métissée du sud Réunion, Maurice, Seychelles...
Je ne parle pas d'un blog touristique non, c'est beaucoup mieux que cela, je vous parle d'un blog ou les mots et les inspirations de l'auteure vous invite à un voyage cérébrale sans bouger de là où vous êtes assis en ce moment même.
Ce blog se lit tel un webzine fort intéressant, évidemment y sont exposés les goûts et les appréciations de l'auteure "Miss Margouillat" (C'est son blog, elle y fait ce qu'elle veut et elle le fait bien...) et nous y découvrons un univers qui s'étend de "V pour Vendetta" à "K's Choice" en passant par "Alexandre Jardin", tous les genres y sont réunis et les critiques s'attachent à la qualité.
Le blog se serait limité à cela qu'il serait déjà intéressant mais l'auteure ne pouvait pas ne pas nous faire découvrir son affinité avec les mots et vous vous ne pouvez pas ne pas découvrir ses poèmes et ses textes.
Nous resentons l'influence du classique dans la transformation de "Camille et Perdican" en "On ne badine plus avec l'amour" (Cela n'ayant qu'en rapport que le nom de"s personnages), mais le classique se veut juste, émouvant et devient musique (du monde...).
Comme ce très sensible poème "Mélanz" :
" Dans quels cirques aux crêtes sans maître
Dans quels sables aux coraux flétris
Trouveras-tu chaque jour l’écho d’une vie ?"
A ne pas rater dans la catégorie "Poèmes":
"Ecrire"
"Filaos"
"Colère"
Ces textes forts et très bien écrits nous conte la désespérance face à la perte d'un être cher "La mort du père" ou encore la solitude dans le très émouvant "L'accompagnée" :
"Rien ne bouge chez elle, des quantités de bibelots s’entassent sur des étagères pleines de poussières…il ne faut surtout pas nettoyer…on pourrait les casser."
"Miss Matgouillat" nous attache à sa sensibilité et nous découvrons que sa relation avec les mots sont plus qu'une vocation mais une véritable passion comme si son esprit se laissait porter par les courants et nous revenait chargé d'émotions retrancrites à la manière de magnifiques cartes postales.
Dans son premier billet elle nous présentait son blog de cette manière :
"... cet avatar de journal intime qui n'a d'intime que le mot."
Et bien pari réussit pas de journal intime juste de la sensibilité et l'amour des mots, c'est beaucoup mieux ainsi.
Nous ne souhaitons qu'une chose qu'elle continue ses multiples voyages et qu'elle n'oublie pas de nous envoyer ses magnifiques cartes postales.
Son "océan"
Arto Joe
(* "Le cri du Margouillat" était le nom d'un magazine culturel réunionnais de B.D dont le dernier numéro a été publié en mai 2000) Hollywood SunriseLever de rideau...
La première scène annonce la couleur et l'on se dit encore un film sur les coulisses d'Hollywood et sa déchéance qui n'apportera ni surprise ni intérêt.
Nous n'en pouvons plus de voir des fortunés drogués hurler leur mal de vivre cela en devient indécent...
Mais pas du tout, c'est sans compter sur la mise à l'écran de la pièce de Dave Rabe du nom original "Hurlyburly" par Anthony Drazan. Et cela se voit et mieux s'entend.
Bien sûr nous pouvons en dire que ce n'est qu'un long dialogue de drogués illuminés se lançant dans des délires en faisant usages de manière exagérée de longues phrases inutiles qui ne prendraient leur sens qu'en comblant les espaces vides des pièces de théâtre mais pas à l'écran. (Ca y'est je suis contaminé moi aussi...)
Et bien, non !
Les longs dialogues voir monologues ne sont pas inutiles et l'écran rend très bien l'ambiance recherchée, l'esthétique est réussit.
Les élancés de points de vues et des délires philosophiques sont d'une totale réjouissance. Certes il faut prendre la peine de revenir en arrière car les personnages sont très "speed" normal quand on voit ce qu'il s'envoie dans le "pif" à longueur de journée. En particulier le personnage d'Eddie interpréter admirablement par Sean Penn.
Eddie à son ami Phil pour le conforter dans ses talents d'acteur :
"... on sait comment ça se passe non ? On prend d'abord l'histoire intéressante, on la tord dans tous les sens, on enlève le quotidien, tout ça en prétextant les ventes, après la vérité surfe sur ce qui ressemble à la vie : les voitures, les camions, les arbres, les chapeaux... c'est là que tu interviens car ils ont besoins de personnages authentiques qui peuvent émouvoir les gens juste ce que tu sais faire, tu veux du blé, ils le savent ils te chouchoutent ils te donnent un peu de fric, du coup tu leur donnes la vérité, tu apprends à travestir leur connerie, leur pipeau tout est là... systématique, c'est de la manipulation pour éviter au spectateur d'être confronté à son manque d'ambition et à sa petite vie de merde, face à face avec toute la déchéance..."
Revenons au casting tout à fait formidable.
Kevin Spacey sort totalement de ces rôles de héros utopique et nous interprète un excellent hautain personnage sans aucune compassion ou même d'humanité (malgré quelques sursauts... par moment).
Sean Penn est tout à fait formidable en cocu drogué qui tente de se sortir de son affaiblissement physique et psychique, qui voudrait revenir aux bases simples de la vie... former un couple heureux.
C'est avec plaisir que nous redécxouvrons un Chazz Palminteri (auteur-réalisateur "il était une fois le bronx " acteur - "Usual Suspect") surprenant en personnage violent et misogyne.
Robin Wright-Penn n'a pas un rôle fort mais le tient comme il faut.
Garry Shandling sort de ses rôles de comiques (quoique ???) et nous livre un juif drogué cynique plein d'humour... noir.
Anna paquin que l'on retrouve en petite Lolita ici (et inoubliable dans "24 heures avant la nuit" de Spike Lee, Culte cinématographique si l'en est...), encore dira t-on, mais ce rôle lui va si bien...
Adolescente très sombre et vraiment paumée, retrouvée on ne sait comment dans un ascenseur par Artie et qui vient l'offrir comme un vulgaire machin à ses potes. Elle viendra leur jeter à la face leur univers corrompu. Un ange un peu... noir.
Meg Ryan comme on l'aime en danseuse prostituée qui nous offre des scènes sombres et fortes.
Cet univers sombre et décadent repose sur le cynisme des personnages. Celui de Kevin Spacey est le plus décapant, Mickey est un sophiste-cynique.
Les personnages sont si authentiques si bien qu'en les sortant de leur univers de star et d'argent malsain c'est la réalité de beaucoup de petites gens que l'on découvre et les messages vrais et prononcés avec une verve surprenante touche profondément le spectateur qui a la volonté de se laisser happer par le mal de vivre de ces femmes et de ces hommes.
Le cynisme dans toute sa splendeur.
Mais pas seulement, à cela s'ajoute l'émotion bien sûr.
La scène du bébé...
L'incompréhension dans la voiture...
L'amitié improbable entre Eddie et Phil.
Eddie devant la télé avant de se jeter dans la piscine...
C'est un très bon film, certains ne sont pas de cet avis mais qu'à cela ne tienne, je ne me lasse pas des réparties :
Mickey :
"Eddie est-ce que tu réalises, ton pif doit être chargé comme un vingt tonnes, tu as une tête de mort, c'est le début de la journée et tu fumes un pétard Eddie. Tu vas encore arrivé à la réunion en marchant sur tes poches c'est vraiment insensé, t'as une tronche de mérou et t'en as rien à foutre."
Phil :
" Ce que j'ai dit faut surtout pas y faire attention. Déboussolé on l'est tous faut jsute essayé de comprendre c'est tout, on est bouffé par des idées noires mais on les occulte, on peut pas lutter contre ça, on peut pas, c'est le résultat souvent de ces saloperies d'hésitations inconscientes ou de ma gigantesque paranoïa les deux existent... toute cette saloperie de vie dans son intégralité elle dépend d'abord du côté sur lequel retombe la pièce... dans la vie il n'y a rien de nécessaire c'est une vraie loterie..."
Artie :
"Eddie y a un truc qui me chiffonne, bon, la connerie humaine a des ressources qui parraissent parfois inépuisables, par exemple pas mal de mecs sont aveuglés par leur connerie, mais tout a des limites alors j'aimerai que tu me donnes un indice sur la raison qui t'amène à avoir la moindre considération pour ce mec qui a le pouvoir d'un anus d'une bouée de canard."
Ce sont là des extraits choisis aléatoirement en visionnant le DVD.
Masi le film est parcouru de répliques beaucoup plus fortes.
Le culte
La scène où ils se remémorent Bonnie à l'aéroport. Nous sombrons dans un cynisme quasi-insupportable.
Le visionnage de ce film fait mal mais c'est là toute sa force.
"C'est pas l'époque qui est sombre c'est toi mon vieux."
Arto Joe 2006/05/31 Les délaissésVivre au plus vite
Jochen venait souvent, à cet endroit, savourer quelques secondes d‘évasions comparables à une éternité de bonheur dans sa petite tête. Petit, il avait déjà apprit à se contenter de peu de chose, à profiter du moment présent.
De là, il avalait une bonne dose de liberté avant de rejoindre son père, prisonnier une bonne partie de la journée, à l‘usine. Il faisait un détour par le parc. Il s’amusait à monter les escaliers en sautillant et à courir sur la moitié de la longueur du pont pour enfin, grimper sur la barrière afin de contempler le fleuve qui se mariait deux cents mètres plus bas au golfe de Riga. C’était du temps où la fonderie où travaillait son père lui semblait être une prison de bruits et de machines humaines. Cette activité servait à récolter l‘unique repas de la journée. Aujourd’hui ce n’est plus le cas, il y a un moment que l‘usine s‘est arrêtée, d‘ailleurs, son père aussi s‘est arrêté de vivre.
Jochen aimait beaucoup cet endroit devenu à la fois sa source d’énergie et son défouloir, c‘est donc naturellement qu‘il y a élu domicile avec sa sœur. En attendant que la nuit tombe et que les lumières de la ville s’allument et qu’avec elles les boutiques ferment, il suit du haut du pont les mouvements libres de l‘eau du fleuve en contrebas. Il se demandait souvent, et encore aujourd’hui, si la <Dvina Occidentale>, le fleuve qui coupe la capitale en deux, avait une âme. Il admirait tellement cette force naturelle qu’il a fini par lui donner vie.
Il venait d’avoir neuf ans lorsque son père un jour, comme celui-ci, gris et humide où d’un moment à l’autre le ciel pouvait se déchirer et pleurer sur la misère de la ville, du pays, du monde....... avait eut un accident à la fonderie. La fonderie ce nid de pullulement d'humains délabrés faisait manger une fois par jour la quasi-totalité du quartier qui était embauché à l‘usine.
Son père n’était pas sortit à l’heure habituelle de la fonderie. Il avait vu le vieux barbu qu’on appelait ‘Le Rêveur‘, à cause de ses discours révolutionnaires, il n‘y comprenait pas grand chose mais dans le bistrot où quelques employés se retrouvaient après leur journée de travail, tous écoutaient ses discours avec attention. Il était pour eux, le porteur d’espoir. Jochen voyait en ‘Le Rêveur’ un genre de prophète. ‘Le Rêveur’ l’avait évité, ce jour là, il était passé près de lui avec un mouchoir sur le visage, peut-être ne l‘avait-il pas aperçu ? Jochen avait ressentit une sensation bizarre, quelque chose naissait dans ses poumons et grandissait jusque dans sa gorge à la limite de l’étouffement. Il avait pleuré au même moment où la nuit lui était tombée dessus en signe de désespoir.
De retour à la chaumière, il avait vu sa mère complètement effondré, il voyait souvent sa mère pleurer mais, ce soir là, il savait que ce n‘était pas À CAUSE de son père qui souvent buvait le repas du soir, ses pleures étaient teintés de quelque chose de sombre. Elle pleurait, cette fois-ci, POUR son père.
Il apprit que ‘le Rêveur’ était passé leur annoncer que son père avait eut un accident à la fonderie et qu‘ils ne le reverraient plus jamais. Il pensait qu’il avait dû annoncer la nouvelle comme un vaillant guérillero tombé au combat. Malheureusement, la mort de son père n’avait rien d’héroïque, tant de personnes meurent au et à cause du travail, une mort pareille était des plus banales.
C’était son premier rendez-vous avec la mort.
Il comprit, par ce deuil, que ses jours étaient comptés et qu’il lui fallait vivre au plus vite.
Arto Joe SéparationNe te retournes pas, ce serait une erreur des plus grossières.
Laisses ton regard déchirer le doute de tes demains brisant le brouillard du futur que tu fixes.Tu avances certes sans quiétude mais le malheur qui te ronges désormais sera métamorphosé d'une larve immonde en papillon. Et ta liberté prendra son envol dans ta tête et ton corps tout entier.
Tes sens s'ouvriront à d'autres, ton corps connaîtra les carresses des autres... oui, j'ose l'admettre.
Les cascades de tes yeux sécheront et tes rictus crispés deviendront sourires angéliques. Ta main sera serrée par une autre, douceur et sécurité que tu ne connaissais plus.
Tes cheveux danseront de nouveau dans le vent du désir et ton visage retrouvera la timidité des premières hésitations.
Les souvenirs de moi, seront remplacés par les siens...
Les souvenirs de nous par vous...
Mais prends garde toutefois à ce que jamais ta voix tremble de nouveau sous la pression des larmes.
Moi, j'éviterai les prochaines tentations et lamentations des sens...
Mon coeur est une prison et j'ai jeté les clés pour que personnes ne se retrouvent plus pris au piège de mon amour.
Arto Joe 2006/05/30 "On voudrait le paradis dans l’enfer des autres." (Bernard Giraudeau – Esquisses Philippines)Mots crachés sans lien avec la réalitéLa page blanche est le miroir révélant l'angoisse de celui qui ne peut la noircir.
Nous vivons parfois des jours qui se suivent comme les pages d'un livre que nous ne cessons de dévorer, que nous souhaitons finir et qui pourtant nous laisse un goût amer à la dernière page.
Celui du regret de l'évidence que toute histoire a une fin.
Puisqu'elle a un début... cela implique indubitablement que tout début a une fin.
C'est ce qui nous pousse à en découvrir d'autres et même à en faire naître de nous même.
Puis, nous vivons des jours qui se ressemblent affreusement. Une suite de pages blanches que nous souhaitons noircir mais qui ne nous inspire que vide et absence de mots... trou noir et mots avortés et jetés.
Cela même si notre quotidien est rythmé par ces inombrables tâches comme autant de traces sur sur un calendrier neuronal.
Un jour ne peut pas être identique à son prédécesseur mais il peut naître avec les mêmes sentiments que ceux de la veille.
L'objectif dans ces cas est de trouver la force de réduire les similitudes...
C'est à ce moment que le ridicule prend le pas sur l'angoisse et si nous n'y prenons garde c'est la dépression...
Analyse "pseudo-psycho-analytique" dirons certains... vous n'avez pas tort...
Mais alors qui a raison ?
Le psychologue analysant les comportements du malade ou le malade agissant de manière irréfléchie donc naturelle et instinctive face à son cerveau faisant des siennes ?
Mais, en plus de ces jours "blancs" s'ajoute le surménage - je déplore ce mot mais sa définition est si juste :
Ensemble des troubles provoqués par une grande fatigue.
Merci "Miss Margouillat" pour tes mots...
Arto Joe
2006/05/20 A la maison
(Partie 4 - suite et fin)
Ce sont des cris d’enfants qui me jettent à la face la réalité. Les escaliers qui montent jusqu’au lieu mythique et mystique, aussi d’ailleurs, de la butte Montmartre sont déjà pris d’assaut. Nous sommes samedi, je ne risque pas de me tromper beaucoup en avançant cette hypothèse. C’est un jour que je redoute, vous êtes encore plus déplorable ce jour là que tous les jours de la semaine réunis. Vous êtes atteint ce jour là d’une frénésie de consommation en tous genre. Il n’est pas questions de vous gênez le passage ou de marcher trop lentement sans risquer de se faire bousculer, voir insulter. Vous vous mettez sur votre trente et un et vous vous regardez en vous provocant du regard comme des paons ouvrant leurs queues pour frimer. Ridicule vous êtes tous les jours et pires encore les week-ends.
Je me suis réveillé en sursaut ce que je déteste et sans mal de crâne ce qui m’étonne. Je me suis endormis sur une marche, allongé de tout mon long, si bien que je réalise que beaucoup de personnes ne se sont pas gênés pour m’enjamber. Je cherche ma bouteille de whisky et je pousse un souffle de soulagement lorsque je l’aperçois, je comprends mieux pourquoi je me suis réveillé sans mal de crâne je n’ai pas bu le tiers de mon whisky, j’ai dû m’écroulé de fatigue avant. Cela me rasure et me fera des économies par la même occasion. Je me laisse tenté par une gorgé pour débuté ce samedi sans trop vous maudire. Je laisse l’un des plus beaux endroits de la capitale se dégrader aux mouvements de la foule qui ne s’estompera que dérisoirement lundi dans la soirée.
Je m’éclipse en direction de la gare du Nord dans l’intention d’y retrouver Seb’. Comme je m’en doutais, je retrouve Seb’ assit près du magasin de souvenir, à la sortie de la gare du Nord, les yeux braqués sur la cinquantaine de motos qu’il aime à admirer. Il rêve de s’en payer une, cela ne sera jamais qu’un rêve de gosse qui rêve de voler avec les oiseaux ou d’épouser sa mère. A la différence que ce type n’a jamais atterri et regrette que sa mère soit morte sans avoir jamais divorcée de son père. Il est accompagné de sa seule compagne de toujours, son litron de rouge. Je pose mon sac à dos ne contenant plus que ma bouteille de whisky et je m’assois à ses côtés. Un bref hochement de la tête m’accueille suivi rapidement d’une main me proposant la bouteille, évidemment je ne refuse pas.
Seb’ me dit qu’il boit pour trouver dans l’évasion la même qu’avec un gros cube ou un gros cul. Il veut bien sûr parler de nana, d’amour. Il a toujours rêvé d’une belle histoire d’amour comme au temps où il était au lycée, me racontait-il.
Moi aussi je rêve d’amour du vrai celui qui n’existe que dans une boite de métal, dans une bouteille ou un verre au bistrot. Mon rêve, je le bois tous les jours et il me détruit chaque jour un peu plus. Est-ce l’amour qui m’a amené si bas ?
La gare a du mal à contenir son trop plein de foule et vous gerbe en un flot continue sur les pavés. Mais telle une nymphomane jamais assouvie elle ne vous refuse jamais un voyage. Seb’ me demande où j’ai passé la nuit, évidemment je mens et je lui dis quelque part dans le treizième. Je ne voudrais surtout pas qu’un soir de déprime il débarque dans mes escaliers de Montmartre et me bassine de ses rêves irréalisables. C’est bien le seul endroit comme une chambre d’ado, où je ne souhaite pas être déranger dans mes fantasmes. Le voilà qui se lance dans ses commentaires sur les onze cents, quinze cents, routières, sportives et trials. Evidemment, je ne pige que dalle. Nous décidons de nous bouger, on traverse des rues bondées de vous et de vos regards misérables et je me demande qui de vous et nous se sont fait réellement avoir par cette société bancale. Etes-vous heureux de votre petit chez vous entouré d’une famille sans destin, de vos sorties du week-end dans ce décor d’enseignes, où les arbres sont remplacés par des panneaux publicitaires, la seine pourrit de fioul, l’air d’une toxicité inavouable et où tout ce que vous mangez ou buvez vous tue à petit feu. Finalement, je trouve que l’on se ressemble vous et moi. A la différence que mon petit chez moi c’est la rue. Je vous plains autant que je me plains.
Seb’ et moi nous avons fait nos courses dans un "monoprix" qui n’a de mono que le nom. Nous ressortons avec de quoi passer le week-end dans les nuages où cette vie n’est qu’illusion.
Seb’ me demande où nous allons aujourd’hui. Je lui réponds : « A la maison, Seb’, à la maison. ».
"Les peintres de troquets"Merci à eux pour ces peintures.
Sébastien ROVERC’H : peintre-cafetier au Tavarn an Dremmwel. Perros-Guirec. David SIMON : peintre et réalisateur de fresques dans les Bars. Jean-Sé LE GOFF : peintre et réalisateur de fresques dans les Bars. Jean-Claude CROSSON : illustrateur du livre « La route des Zincs ». TATI : illustrateur d’affiches de concerts et de festivals. Sylvain BOUDER : peintre-cafetier, propriétaire du Gwenojenn Bar-Expo. Ce fut en étéA l’horizon le ciel, je l’imagine, s’incline et mon cœur crache dans mes veines le venin de mes souvenirs. Je ne vois qu’une raie de lumière osant s’aventurer dans cette cage, dévoilant la crasse qui entoure ma vie désormais.
Il va faire froid ce soir, comme hier et peut-être comme au premier jour dans cette cage. J’ai l’impression d’avoir toujours eu froid dans ma nouvelle demeure. Pourtant ce fut en plein milieu de l’été, la vie s’accélère toujours en été.
Surtout ne pas y penser, d’ailleurs, j’ai tout oublié.
Impossible de me souvenir, c’est une explosion douloureuse qui détonne dans mon crâne meurtri.
Mais ce fut en été, de cela j’en suis persuadé.
J’ai perdu la notion du temps. L'Homme a même réussi à un mettre un nom sur cette notion qui n'est ni plus ni moins que l'avancé vers sa propre fin. Il compte le temps des damnés d'avant lui et envisage même celui des pauvres gens à naître. L'Homme se confond tellement dans une recherche effrénée - de quoi personne ne le sait vraiment - peut-être est-ce l'immortalité ?
Le temps pour moi n’est plus une référence désormais.
Et absence de temps est éternité, un éternel présent. Rien de plus important que les courtes minutes d’illuminations que je savoure comme autant de perles éphémères.
Il m'a fallut fuir. Fuir ma vie, mon passé et même mon futur car désormais je n'aurais plus de lendemains. Je me suis trouvé cette tanière perdu dans les bois entre deux flancs de montagnes. Résidence d'oiseaux pêcheurs, d'arbres résineux, de pierres volcaniques et de bestioles rampantes.
J'observe ces deux versants montagneux qui un jour se rejoindront peut-être. Et les images qui me viennent ne sont ni plus ni moins que l'extrapolation de ma condition mentale. Je les imagine se refermer comme une énorme bouche m'avalant dans ce qui sera ma dernière demeure, les tréfonds de la terre. L'éternel nuit de l'enfer.
Ma misérable demeure de feuillages et de branchages est exposée vers l’ouest, je ne profite guère des quelques minutes de soleil car il se couche tôt dans ce pays, surtout en cette période. A peine a t-il atteint son point culminant haut dans le ciel que le voilà qui sombre déjà dans un horizon rougeoyant. Ne me reste que quelques rayons rouges sanguins, habillant d’une couleur vive et fugitive le lit languissant de la rivière en contrebas. Extrapolation du lit de mon amour ensanglanté.
Vous comprenez ma fuite à présent. Vous comprenez mon immortalité, l'extrapolation de mes demains qui jamais ne connaitront le repos même au-delà de cette vie. Car l'on reçoit en retour d'un amour assassiné un éternel hiver de solitude. Une errance sans fin.
Pourquoi faut-il que les souvenirs soient gris ? Ce mélange de noir et blanc, deux extrémités en continuelle lutte.
Comme celle du bien contre le mal, de la lumière contre l’obscurité, de la vie contre la mort, de l’amour contre …… la mort, aussi.
Arto Joe 2006/05/13 "Les Bonbons Chinois" de Mian MianSaveurs d'orient... Douleurs d'encre... de chine
Ce roman est à proprement parlé un terrain miné, chaque paragraphe cache une bombe qui vous explose le coeur et vous le fait rennaitre par le miel de l'infime espoir de Xiao Hong.
Cette jeune chinoise qui tient à vivre l'amour à la manière d'une chanson de Rock. Cette chanson ressemblerait à une chanson des "Doors" ou de "Radiohead" (de ses débuts!!!).
Cette passion serait dure et triste... la vie de notre chinoise.
Coûte que coûte elle fait sienne le fameux : "Sexe, Drogue & Rock'n'Roll" et y ajoute même "Folie et Poésie".
Tout démarre par une tragédie, le suicide de la meilleure amie de Xiao. C'est alors qu'elle quitte "Shangaï la dépravée" pour Pékin. Commence alors un voyage où chaque rencontre est un pas de plus dans le creux du destin qui la guette.
D'appart' en bars et de rues en hôpitaux... la vie de Xiao est celle d'une "génération perdue" de la jeunesse chinoise écartelée entre révolutions culturelles et privations mentales. Une jeunesse qui hurle en silence dans les bas fonds de ces villes parfois modernes et parfois si grossières. Nous croisons des intélos en perditions, des voyoux de pacotilles, de vrais mafieux, une police corrompue et des anarchistes chantant leur rebellion aux étoiles.
Cette jeune chanteuse crache donc son mal de vivre dans les bars entre deux coktails et son son amour qui se shoot.
" Sa guitare sèche rendait un son clair et naturel mais ça débordait d'héroïne, à en glacer l'univers."
Le roman se poursuit ainsi dans les profondeurs de l'âme de Xiao entre doux moments et une longue nuit...
Cette auteure est plus que recommandable, elle est indispensable aux amateurs du genre.
Le livre, à sa sortie en 2000, à fait jazzer (devrais-je dire rocker), sa première édition sous le titre de "Tang" a évidemment été censuré et interdit en Chine. La version sous le nom de "Les bonbons chinois" a été modifié et pour notre plaisir augmenté. La censure ne passera pas...
Quelques Bonbons (Miam Miam ! <== c'est nul je sais) :
"La nuit est mon trésor, si je sors le soir j'entends qu'elle m'offre à la fois une occasion particulière, une intrigue dramatique et le délicieux sentiment d'une réciprocité avec un être humain."
"Il disait que vivre était souffrir, que ça vous procurait une liberté infinie quand vous aviez compris ça."
"La lune était mon soleil, elle venait dans ma chambre me montrer à quel point j'étais déprimée."
"Si je l'aimais ? C'est quoi, aimer ? Parfois il était mon soleil, parfois une dague qui me perçait le coeur. Je ne sais pas si c'est ça, l'amour."
"Les rose ont des épines, l'amour aussi. Quand tombent les pétales, ce sont les larmes d'une veuve."
L'écriture de Mian Mian à ce plus, cette force de l'image dans le récit qui fait que comme l'exprime le titre nous savourons chaque mot à la manière d'un bonbon chinois et nous en redemandons et redemanderons jusqu'à la fin et même au-delà...
Arto Joe Partage et autres tentatives...Espace tant !!!
Mon espace évolue dans son système lunaire, il s'enrichit de nouvelles étoiles, se laisse choir parfois dans des trous noirs, se balade au gré de quelques étoiles filantes mourant pour les voeux des autres. Si rarement, bien heureusement d'énormes comètes viennent le menacer, il s'incline mais jamais ne rompt.
Mon espace évolue mais pour vous, il voudrait toujours consteller pour le plaisir de vos errances.
Merci à vous...
C'est pourquoi deux nouvelles rubriques viennent se greffer. Deux catégories dont vous serez visiteurs et bloggeurs les protagonistes...
J'ai décidé de partager avec vous les espaces sur lesquels j'ai posé les yeux, une pensée, un commentaire... qui m'a plu... et ainsi vous remercier d'avoir fait autant ici ou ailleurs.
Et par avance je remercie tous ceux qui participeront à ma psychose...
Les blogs... et leurs auteurs...
Merci, encore ...
Arto Joe
2006/05/11 Contre toute attenteCe bon vieux fauteuil n'est plus très confortable, à dire vrai il ne l'a jamais vraiment été.
Comme souvent c'est le coup de coeur qui influe sur la qualité... c'est vrai pour tout... parfois nous le regrettons et d'autre fois nous acceptons les défauts.
Ce fauteuil de bois trône dans mon salon à la même place depuis... je ne sais plus quand.
J'y suis assis.
A ma droite une table basse supporte une bouteille de whisky, un verre remplit au tiers, une coupelle où a fondu des glaçons, un paquet de cigarettes, un briquet, un cendrier dans lequel des cendres froides puent, un magazine télé et un bouquin "Survivant" de Chuck Palahniuk.
Un titre évocateur... ne sommes nous pas tous des survivants tant que nous faisons de nos demains un présent ?
A ma gauche une petite table. Elle ne supporte plus rien. Elle voudrait même faillir.
Face à moi posé sur son meuble un poste de télévision ne reflète que mon image désabusée dans ce cadre irréel et intemporel qu'est devenu cet endroit.
Je me questionne :
Qu'est-ce que je peux bien attendre assis dans ce fauteuil ?
Je ne trouve pas de réponses.
Je suis assis ce soir comme tous les soirs depuis... Je ne sais plus quand.
Ce salon est devenu un précipice qui me regarde choir. Une pièce où chaque objet n'est que le reflet de ma perte. Une perdition solitaire et pourtant immatériel.
Alors :
Qu'est-ce que je peux bien attendre assis dans ce fauteuil ?
Je ne trouve pas de réponses.
L'halogène dans son coin ne brille plus que par son inutilité, elle ne fait plus rempart à l'obscurité qui m'attaque. C'est peut-être mieux ainsi. C'est la lune, la même qui éclaire votre ciel sombre qui m'enveloppe de ce voile suspect.
Des livres se meurent dans la bibliothèque poussièreuse à en faire trépasser un asthmatique.
Mon meuble de coin est le mouroir de mes souvenirs. Il ose faire tenir encore debout des photos qui dévoilent un temps révolu, des bibelots moches aujourd'hui mais si beaux hier et mon vide poche qui comme mes espoirs reste désespérément vide même de futilités.
Alors :
Qu'est-ce que je peux bien attendre assis dans ce fauteuil ?
Que le temps se remette en marche et que l'éternité s'active de me trouver une fin... digne.
Mon manteau immobile suspendu près de l'entrée a la forme d'un corps pendu... sans tête. Oui ! vision inconvenante d'un esprit sans corps mouvant. Le reflet de mon état actuel.
Ce n'est pas une dépression ni une crise d'angoisse non !
Je vais vous donner la réponse de ce lamentable martèlement.
Qu'est-ce que je peux bien attendre dans ce fauteuil ?
Que l'un d'entre vous viennent daigner ouvrir cette porte et trouver un endroit décent où cacher mon corps périssant dans ce fauteuil et que le temps ce bourreau sans coeur ne cesse d'enlaidir.
Merci.
Arto Joe |
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